Allocution de l’Ambassadeur Stromayer à la Conférence « Prévenir l’extrémisme violent par la cohésion sociale »

L'ambassadeur des États-Unis Eric Stromayer, le ministre de la sécurité Yark Damehame, le préfet Tone Douti Yendoukoa et d'autres fonctionnaires

Allocution de l’Ambassadeur Stromayer
Conférence « Prévenir l’extrémisme violent par la cohésion sociale »
Dapaong

 

Monsieur le Ministre de la Sécurité
Monsieur le Ministre de de l’Administration Territoriale
Madame la Ministre de l’Action Sociale
Monsieur le Ministre aupres du President de la Republique
Honorables députés
Messieurs les préfets de la Région des Savanes
Chers membres du corps diplomatique et des organisations internationales
Vénérables chefs religieux
Honorables chefs traditionnels
Membres des forces de sécurité
Représentants des associations de femmes et de jeunes
Représentants d’organisations de la société civile
Distingués invités dans vos rangs et grades respectifs

Mesdames et Messieurs

C’est un honneur pour moi d’être parmi vous à cette conférence qui, j’en suis convaincu, marque un moment décisif dans la lutte contre la propagation de l’extrémisme dans cette région.

Le gouvernement des États -Unis et le peuple américains sont fiers d’être à vos côtés dans cette lutte.

Les racines du partenariat entre les États-Unis et le Togo remontent à l’indépendance du Togo, et depuis 59 ans, nous travaillons à promouvoir le développement, la démocratie, la paix et la sécurité, et la croissance économique dans ce pays. Bien que l’on ne puisse nier qu’il reste de grands défis à relever sur tous ces fronts, le Togo a fait de solide progrès. Sur le plan économique, nous avons vu une forte croissance économique tirée par l’amélioration du climat des affaires et l’augmentation des investissements. Sur le plan social, nous avons constaté une réduction de la pauvreté et à une meilleure prestation des services sociaux de base comme la santé, l’eau et l’électricité. En termes d’institutions démocratiques, malgré la crise politique de 2017 et 2018, le pays a adopté cette année d’importantes réformes constitutionnelles et, dans quelques jours seulement, il tiendra des élections locales pour la première fois en 30 ans.

Il s’agit là d’importants indicateurs de progrès qui méritent d’être salués. Pourtant, nous devons reconnaître que ces acquis sont fragiles et qu’aujourd’hui, plus que jamais, ils sont menacés. Le fléau du terrorisme et de l’extrémisme violent menace tous les progrès qui ont été accomplis.  Si nous n’agissons pas de manière décisive, elle a le pouvoir de priver le Togo de sa promesse d’un avenir brillant.

Je n’ai pas besoin de vous informer de la gravité de cette menace. Nous sommes tous conscients de la violence qui a ébranlé de nombreux pays voisins, et on a tous entendu parler des incidents alarmants qui se sont produits à quelques kilomètres d’ici ces derniers mois.

Aujourd’hui, nous sommes réunis pour trouver un moyen de faire en sorte que chacun d’entre nous dans cette salle puisse jouer un rôle dans l’arrêt de la propagation de l’extrémisme radical qui menace la stabilité à laquelle nous tenons tous.

Mesdames et Messieurs

Je vous adresse aujourd’hui un message clair : les actions des forces de sécurité ne suffiront pas à elles seules à vaincre cette menace. Nous devons bâtir des ponts de collaboration entre les forces de sécurité, les autorités gouvernementales, les chefs religieux et les groupes de la société civile qui, trop souvent, se méfient les uns des autres et travaillent en contradiction.

Son excellence, le président Faure Gnassingbé, a reconnu cette vérité inéluctable dans son discours prononcé il y a deux semaines à Londres. Il a dit, et je cite : « Lorsque la pauvreté et l’absence de perspectives se conjuguent, elles engendrent chez les jeunes la perception que les pouvoirs publics sont défectueux ou absents, ce qui les rend particulièrement réceptifs aux opinions extrémistes ».

La tâche essentielle qui nous attend est de changer cette perception. Tout citoyen togolais de cette région devrait se sentir à l’aise de se présenter devant un gendarme, un soldat ou un policier pour demander de l’aide ou partager des informations, sans craindre d’être harcelé, intimidé ou obligé de donner un pot-de-vin.

En même temps, les autorités locales doivent être à l’écoute de leurs concitoyens et développer des programmes qui répondent à leurs besoins.

Si on arrive à le faire, cette approche peut priver l’idéologie extrémiste du sol fertile dans lequel elle pousse. La source du radicalisme est un manque d’espoir pour l’avenir. Au lieu de cela, nous devons offrir à tous les citoyens de ce pays une espérance qu’ils ont un rôle à jouer dans le projet national de création d’un Togo plus stable, prospère et démocratique, et qu’ils en bénéficieront dans la réalisation de ce projet.

Vous êtes les ambassadeurs de ce message.

Au cours des prochains jours, vous aurez l’occasion d’échanger et de débattre entre vous, ainsi que d’apprendre d’un groupe de formidables experts qui vous aideront à identifier les points de conflit au sein de vos communautés et les méthodes pour atteindre une plus grande cohésion sociale. Je vous exhorte à adopter tous les points de vue dans un esprit d’ouverture et de collaboration. Peu importe votre âge, votre grade ou votre expérience, vous avez tous quelque chose de précieux à apporter, vous êtes tous partenaires dans cette lutte. Et c’est un combat qu’il faut gagner.

Sachez que l’ambassade des États-Unis est à vos côtés. Pour rendre plus claire la réalité de notre soutien, je suis fier de vous informer aujourd’hui que l’Ambassade des Etats-Unis met à disposition un fonds de 12 millions de francs ouest-africains pour soutenir l’émancipation économique des jeunes de chaque préfecture de la région des Savanes. Très bientôt, nous lancerons un appel à propositions afin que cet argent puisse être distribué là où le besoin s’en fait le plus sentir.

La lutte que nous menons contre l’extrémisme n’est pas facile et elle ne sera pas gagnée rapidement. Cela peut prendre des années et nécessitera la création d’une coalition de partenaires opérant dans de multiples domaines. Mais elle peut être gagnée, et cette conférence marque la première étape.

Ici, aujourd’hui, ensemble, nous disons non à l’extrémisme et oui à un avenir meilleur pour tout le peuple togolais !

Je vous remercie de votre aimable attention.