Discours de l’ambassadeur Stromayer à l’occasion de la célébration du 243e anniversaire de la fête de l’indépendance américaine

L'Ambassadeur Eric Stromayer prononce son allocution à l'occasion de la réception du 243e anniversaire de l'indépendance

Discours de l’ambassadeur Stromayer
fête de l’indépendance américaine
2019

Excellence Monsieur le Ministre des Affaires Etrangères, de l’Intégration africaine et des Togolais de l’extérieur, représentant du Gouvernement Togolais
Excellence Mesdames et Messieurs les Ministres
Honorables députés à l’Assemblée Nationale
Excellence Mesdames et Messieurs les ambassadeurs
Eminents représentants des missions diplomatiques, et des organisations internationales
Respectueuses autorités administratives, religieuses et traditionnelles
Distingués invités,
Mesdames et Messieurs,

Bonsoir et merci de votre présence à cette célébration du 243e anniversaire de l’indépendance des États-Unis d’Amérique.
J’aimerais tout d’abord remercier nos sponsors, dont le généreux soutien financier a rendu possible la tenue de cette soirée. Ils sont :

AGS Déménagement
Alaffia
Brasserie du Bénin
ContourGlobal
Deloitte (AAC)
Diwa International
Ethiopian Airlines
Sécurité Inter-Con
Ligne Maersk
Hôtel Mint
Hôtel Sarakawa
Orabank
Pako Agency Ltd.
PerleWater
Plapa
Togo Equipements

Pour les reconnaitre, ils portent un macaron lunaire. Veuillez-vous joindre à moi pour remercier nos sponsors en les applaudissant.

Mesdames et Messieurs, ma première visite au Togo remonte à plus de 25 ans. Etant jeune diplomate j’ai voyagé de Ouagadougou à Lomé en voiture. J’ai été frappé par l’incroyable beauté du pays et par la chaleur et l’amitié des gens.

Je n’ai jamais songé de devenir ambassadeur des États-Unis au Togo.  Il y a trois mois, je suis retourné au Togo avec mon épouse Susmita pour prendre fonction. Je suis heureux de vous dire que les impressions de ma première visite sont toujours valables:

Le Togo reste l’un des pays les plus beaux et les plus amicaux de toute l’Afrique.  Et aujourd’hui, pour marquer le 4 juillet, je suis honoré d’être ici avec vous.

Mesdames et messieurs, le thème de la célébration de ce soir est l’alunissage.

Il y a cinquante ans, l’astronaute Neil Armstrong est devenu le premier être humain à marcher sur la lune. J’étais un jeune garçon en ce moment, et je me souviens avoir rencontré quelques-uns des astronautes de la NASA, l’agence spatiale américaine, lorsqu’ils sont revenus de leur mission a la lune. Ce soir, je suis heureux de souligner que parmi nos invités, se trouvent deux chercheurs de la NASA qui travaillent au Togo sur un projet de cartographie par satellite avec un jeune inventeur togolais, Richard Folly. Applaudissons-les !

Même 50 ans après, l’alunissage nous rappelle que tout est possible

grâce à la technologie et à l’innovation. Ce qui est encore plus remarquable, c’est la façon dont la technologie s’est démocratisée. Le téléphone intelligent dans ma poche est plus puissant que tous les ordinateurs utilisés par la NASA pour mettre Neil Armstrong sur la lune !

Allier les innovations scientifiques et technologiques, au secteur privé doit constituer le soubassement des efforts à déployer pour construire le Togo de demain.  Et cela a commencé déjà.  L’un de nos invités ce soir est le jeune inventeur togolais Ousia Folly-Bebe, qui a créé une imprimante 3D à partir des déchets électroniques. Nous avons mis en place une exposition où vous pourrez observer son imprimante en action, ainsi que plusieurs autres créations de jeunes inventeurs togolais.

Pour que le Togo puisse libérer son potentiel, nous devons trouver les moyens pour soutenir des jeunes comme Ousia.  Le Togo devrait alors investir dans l’éducation, faire respecter l’état de droit et promouvoir une concurrence accrue dans le secteur privé, en particulier dans le secteur des télécommunications. Le fruit du travail des innovateurs doit être protégé par un système juridique solide qui facilite les contrats commerciaux, protège la propriété intellectuelle et donne confiance aux investisseurs.

Au cours des derniers mois, j’ai voyagé de Lomé à Dapaong.  J’ai rencontré des gens de tous les niveaux de la société dans le but de mieux comprendre la situation actuelle au Togo. A mon avis, le Togo a fait des progrès impressionnants que tout le monde devrait pouvoir reconnaître et applaudir.

Il faut féliciter le Togo pour ces gains, qui demeurent pourtant fragiles. Ils doivent continuer. Le Togo est confronté à des menaces externes et internes qui pourraient compromettre les progrès réalisés. Sur le plan externe, le pays est menacé par la propagation de l’extrémisme violent dans la sous-région ouest africaine.  Ces extrémistes n’ont pas l’intention de s’arrêter à la frontière.

Les États-Unis sont fiers d’être aux côtés du Togo dans la lutte contre l’extrémisme violent.  La présence parmi nous ce soir, de notre attaché de la défense, Lieutenant-Colonel Joseph Lee et son épouse Vanessa, témoigne de l’engagement croissant des Etats-Unis avec le Togo dans la coopération sécuritaire. Nous estimons que le meilleur moyen de contrer cette menace dans les zones vulnérables est une approche inclusive basée sur l’écoute des voix et des préoccupations de tous les membres de la société, en coordination avec les forces de sécurité.  Il faut que l’ensemble des Togolais s’unisse et s’organise pour faire face à cette menace.

La semaine dernière, à Dapaong, j’étais aux côtés de son excellence le Ministre de la Sécurité quand il a annoncé la création de comités de lutte contre l’extrémisme au niveau national, préfectoral et communal. Ces organes verront la participation active des forces de sécurité, des autorités locales, des chefs religieux, de la société civile, des groupes de femmes et des jeunes.

L’autre menace qui pèse sur la prospérité du Togo vient de l’intérieur. Cette menace vient de la difficulté d’unir tous les citoyens de ce pays autour de la croyance qu’ils ont un rôle à jouer dans le projet national pour créer un Togo plus stable, prospère et démocratique, et qu’ils bénéficieront de la mise en œuvre de ce projet.

Sur le plan politique, la plus grande source de frustration est l’idée que le citoyen moyen n’a pas de voix dans les niveaux de gouvernance qui touchent sa vie quotidienne.  La solution à ce problème passe par la tenue d’élections transparentes et par la délégation d’une partie des pouvoirs au niveau local.

En quelques jours seulement, le Togo aura l’occasion de montrer au monde qu’il s’engage sur la bonne voie vers une démocratie renforcée. Les élections locales prévues pour le 30 juin augmenteront le nombre d’élus dans ce pays de 92 à plus de 1500. Il s’agit d’une étape importante pour la démocratie au Togo.  Si les élections sont libres, équitables et transparentes, cela enverra un signal fort à tous les observateurs que la démocratie s’est implantée au Togo.

Sur le plan économique, je crois que nous devons faire davantage pour soutenir le potentiel de la jeunesse togolaise en lui donnant plus d’occasions de créer, d’innover et de s’exprimer.  Le gouvernement des États-Unis est fier d’appuyer les efforts du Togo pour créer un avenir meilleur pour ses jeunes.

Beaucoup d’entre vous savent peut-être que ma première expérience sur le continent africain était celle de volontaire du Corps de la Paix au Sénégal il y a 36 ans.  Je suis fier des efforts du Corps de la Paix au Togo, présent depuis 57 ans dans le pays, pour promouvoir le développement et créer l’opportunité économique pour la jeunesse togolaise – tout en renouant des liens amicaux entre nos peuples qui durent très souvent pour toute la vie.

Plus tôt cette année, nous avons officiellement lancé le programme de seuil Millennium Challenge au Togo. Ce programme investira 35 millions de dollars pour élargir l’accès à Internet et aux technologies de l’information et de la communication, en particulier pour les régions mal desservies, ainsi que pour clarifier les droits fonciers.  Nous espérons qu’en les surmontant, nous contribuerons à créer un environnement propice à l’innovation et à l’esprit d’entreprise.  Notre équipe de Millennium Challenge est parmi nous ce soir.  Rejoignez-moi pour leur souhaiter la bienvenue au Togo !

J’aimerais aussi profiter de cette occasion pour annoncer une nouvelle contribution majeure du gouvernement des Etats-Unis pour appuyer les efforts du Togo dans le domaine de la santé.  USAID a choisi d’investir davantage dans la prévention et le traitement du SIDA en allouant au Togo plus de 18 millions de dollars du programme PEPFAR, le plan d’urgence du président pour la lutte contre le sida, dans les deux années à venir.

Mesdames et Messieurs, aucun des objectifs que j’ai décrits ce soir, ne sera facile à atteindre. Mais à ceux qui doutent qu’ils  soient possibles, je ne peux que citer l’ancien président John F. Kennedy, qui a lancé l’Amérique dans sa mission d’atterrir sur la lune en affirmant, je cite  : « Nous choisissons d’aller sur la lune non pas parce que c’est facile, mais parce que c’est difficile, parce que cet objectif nous permettra d’organiser et de concentrer le meilleur de nos énergies et de nos compétences, parce que c’est un défi que nous sommes prêts à accepter, un défi que nous ne voulons pas reporter, et un défi que nous voulons gagner. »

De la même façon que nous, les Américains étions ici au Togo à l’heure de l’Indépendance, nous sommes ici aujourd’hui, et nous serons présents aux côtés de nos partenaires Togolais dans l’avenir pour avancer ensemble vers un Togo plus démocratique, stable et prospère.

En terminant, je voudrais remercier tous mes collègues américains et togolais de l’ambassade américaine, ainsi que le personnel et la direction de l’hôtel Sarakawa, qui ont rendu cette soirée possible.

Enfin, je voudrais rendre hommage à notre maître des cérémonies, mon premier conseiller Michael DeTar, qui prendra sa retraite dans quelques semaines après 2 années de service au Togo et 27 ans à l’étranger.  Ici avec vous tous, je lui remercie pour son service aux États-Unis et son amitié.  Vive le Togo et vive les Etats Unis d’Amérique !

Je vous remercie de votre aimable attention.